Lettre Ouverte du Réseau WANEP-Bénin

  ATTENTION !

ATTENTION !

LE BENIN N’EST PAS A L’ABRI.

Mes chers compatriotes,

Je viens à travers ce message, m’adresser à tous nos dirigeants au Bénin, du sommet de l’Etat à la base dans les quartiers de nos villes et de nos villages. Téléchargez la version PDFfiles/Lettres/Lettre_Ouverte_de_WANEP-Bnin_30_oct_2014_.pdf

Chers dirigeants béninois,

Les récentes contestations populaires de l’initiative de changement de la constitution engagéepar le Président Blaise Compaoré du Burkina Faso et ses alliés politiques laissaient certainement croire à une  manipulation  de la classe politique burkinabé,une manipulation par l’opposition. Sur le sujet, ma conviction est que Monsieur Blaise Compaoré s’est laissé piéger par ses ‘’proches’’ commed’ailleurs la plupart de nos Chefs d’Etat. Ces ‘’proches’’, j’allais dire ses thuriféraires ou flatteurs dont il faut se méfier, ne disent aux chefs que ce qu’ils veulent que le Chef sache et surtout ce que le Chef aime entendre surtout quand il est sensible aux flatteries. 

Mes chers dirigeants,

Il semble que le printemps Burkinabé est  là et il faut le gérer. Les informations et les commentaires des chaînes internationales de radiodiffusion sur la révolte du peuple Burkinabé nous autorisent à le dire. Je viens vous dire,au nom du réseau WANEP-Bénin, ATTENTION ! ATTENTION ! CE QUISE PASSE AU BURKINA N’EST PAS LOIN DE NOUS. C’EST A NOS PORTES ET IL NE FAUT SURTOUT PAS LES LUI OUVRIR.

Si au Bénin, les discours et les interviews de hautes personnalités étatiques mentionnent que le débat sur le troisième mandat est clos, et même si le Président de la République,Monsieur Yayi Boni a encore fait comprendre, dans son discours à Kétou la semaine dernière, qu’il n’y aura pas de troisième mandat et qu’il déposera la charge de l’Etat pour le nouveau Président, il faut faire attention aux troubles qui surgissent à l’intérieur du pays (Ouassa-Péhunco, Boukoumbé) et qui pourraient justifier le report des élections.

Mes chers dirigeants à divers niveau, faites en sorte que ces troubles cessent ; évitez surtout de les attiser pour justifier une militarisation du pays. Le peuple Béninois est mature et il attend impatiemment ses élections. C’est l’aspiration légitime du peuple à la jouissance et à la consommation de son droit de vote et de son droit à l’alternance. L’alternance étant l’oxygène d’une démocratie qui se veut viable et dynamique.

Mes chers dirigeants,

Je vais vous suggérer de prendre le poulsdu pays et vous constaterez que l’incrédulité et la colère gagnentdu terrain. Et les commentaires de nos compatriotes sur les événements survenus au Burkina font froid dans le dos. Pour résumer ces commentaires, retenez simplement, chers dirigeants, que la plupart des béninois interrogés disent : <<Nous aussi nous devons nous soulever, nous devons prendre notre destin en main. Nous devons faire comme au Burkina, sinon, nous serons toujours dans la misère>>.

Mes chers dirigeants,

Est-il possible que vous arrêtiez les cérémonies de remerciements pour vous focaliser sur la recherche de solutions consensuelles pour les élections à venir ? Il est urgentissime de taire d’abord vos intérêtségoïstes et de penser à l’intérêt de nous tous. Il est urgentissime d’agir et de réagir pour la paix. Je voudrais vous rappeler que vous êtes en principe les premiers concernés par le maintien de la paix dans notre pays. Sinon, vous ne pourrez pas jouir des avantages et des promotions que vous avez eus et pour lesquels vous organisez des remerciements.

Et vous qui courrez dans tous les sens et qui affutez vos armes pour les élections législatives et communales et même les élections présidentielles, s’il n’y a pas la paix au Bénin, pensez-vous pouvoir jouir de ces postes après lesquels vous n’avez que de pensées ?

Mes chers dirigeants,

Je vais vous prier de faire un petit sondage auprès de la jeunesse de notre pays sur leur perception de votre gestion et vous comprendrez l’ampleur des frustrations et la profondeur du malaise général. Il ne s’agit pas seulement de jeunes gens au chômage mais aussi de ceux qui sont dans la débrouillardise et qui pensent que vous êtes la cause de leur mal vivre.  Prenez garde, lorsqu’elle est engoncée dans le silence, étiolée ou oubliée par les politiques gouvernementales, la jeunesse se trouve dans la légitime obligation d’utiliser naturellement sa musculature. Et c’est ce qui se passe actuellement au Burkina.

Mes chers gouvernants,

Le développement de la situation au Burkina laisse entendre que le pays tout entier peut basculer dans la violence et notre pays le Bénin n’est pas à l’abri.

Je vous recommandedonc,au nom du Réseau WANEP-Bénin (West Africa Network for Peacebuilding), de trouver rapidement les moyens d’apaiser le peuple Béninois sur la confection de la liste électorale et l’organisation des élections. Une suggestion : Organisez une concertation appropriée sur les questionsmajeures actuelles et sur lesquelles vous semblez vous enliser, et arrêtezd’étaler vos divergences et vos désaccords sur les radios et les télévisions. Ne croyez pas que ce faisant, vous vous disculpez de la situation déshonorante dans laquelle notre démocratie se trouve ; vous ne faites qu’en rajouter à la colère grandissante de vos compatriotes et détruire la confiance que quelques personnes ont encore à votre égard. Trouvez plutôt les mécanismes pour apaiser et surtout pour rassurer.

Au nom du réseau WANEP-Bénin (West Africa Network for Peacebuilding Bénin) je vous demande, à vous les dirigeants et particulièrement au Président de la République, Monsieur Yayi Boni et aux Présidents de nos Institutions,de converger les efforts et les réflexions sur du positif afin de sortir notre démocratie et notre pays de l’enlisement.

Je veux dire à nos dirigeants et particulièrement au Président de la République, MonsieurYayi Boni et aux Présidents de nos Institutionsque nous ne voulons pas voir notre Assemblée Nationale brulée,

Je veux dire à nos dirigeants et particulièrement au  Président de la République, MonsieurYayi Boni et aux Présidents de nos Institutions que nous ne voulons pas voir notreCour Constitutionnelle saccagée,

Je veux dire à nos dirigeants et particulièrement au  Président de la République, MonsieurYayi Boni et aux Présidents de nos Institutions que nous ne voulons pas voir le siège du COS LEPI brulé,

Je veux dire à nos dirigeants et particulièrement au  Président de la République, Monsieur Yayi Boni et aux Présidents de nos Institutions que nous ne voulons pas voir notre pays, le Bénin, basculé dans la violence.

 

Ensemble tissons des relations pour la paix.

                                                                          Cotonou le 31 octobre 2014

                                                                                                                                

                                                                                                                        Pour le Réseau Ouest Africain pour la Paix,

                                                                                                                        La Présidente du Conseil d’Administration

FatoumatouBatokoZossou

 

 

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