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Rapport Annuelle 2001

Rapport de Programme:
L’éducation à la non-violence active et à la Paix
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Levinia Addae-Mensah, Coordonnatrice

Le programme d’éducation à la non-violence et à la paix a été officiellement lancé le 23 mai 2000 à Sogakope, la région voltaïque du Ghana avec la participation de 41 représentants venus du Libéria, de la Guinée, du Nigéria, du Togo, de la Sierra Léone, de la Côte-d’Ivoire, du Ghana, du Kenya et du Cameroun. Les participants ont pris cette décision à l’issue d’un cours intensif de dix jours sur l’éducation à la non-violence active et à la paix organisé par le West Africa Network for Peacebuilding du Ghana, l’International Fellowship on Reconciliation des Pays-Bas et le Amani People’s Theatre du Kenya et avec le soutien de l’Eglise catholique d’Autriche (Dka-Autriche). Le programme vise à promouvoir la culture de la non-violence et de la paix dans les communautés ouest-africaines avec un accent particulier sur les enfants et les jeunes. En encourageant les valeurs sociales et culturelles vivifiantes de l’Afrique de l’Ouest, le programme espère faciliter la réconciliation et la construction de communautés justes.

Objectifs
· Développer un programme régional spécifique, un guide pour les enseignants et des documents de référence sur l’Education à la Non-violence et à la Paix
· Organiser des ateliers de Formation de Formateurs (FF) pour les enseignants issus des sept pays pilotes
· Concevoir des stratégies pour la réalisation d’un programme d’éducation à la paix de trois ans et tester ces programmes dans 84 écoles sélectionnées dans sept pays ouest-africains · Organiser en 2002 des conférences régionales de ministres chargés de l’éducation, la jeunesse et de la fille en vue d’adopter des politiques qui intégreront la construction de la paix et la non-violence dans le système éducatif d’Afrique de l’Ouest
· Développer des associations de la paix dans les écoles en Afrique de l’Ouest

Aperçu des Activités

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La seconde phase de ce programme – reproduisant les dix jours de formation consacrée à l’éducation à la non violence active et à la paix – a été prolongée au premier trimestre de 2001. Des ateliers de formation similaires avaient été organisés au Nigéria et au Ghana. Nous devons cependant reproduire cette formation en Guinée, au Togo et en Côte-d’Ivoire.

· Cette année, le programme est entré dans sa troisième phase. La priorité principale de la phase trois a porté sur l’institutionnalisation de l’éducation à la paix dans les structures pédagogiques formelles et non-formelles dans sept pays d’Afrique de l’ouest (la Sierra Léone, le Libéria, la Guinée Conakry, le Ghana, le Togo, le Nigéria et la Côte d’Ivoire). Le plan des activités prévoit un atelier consacré à l’élaboration d’un programme, la publication de ce programme, la formation d’enseignants dans quatre pays et la formation de médiateurs similaires dans sept pays.

· La phase trois a démarré en mai 2001 avec l’élaboration de programmes scolaires relatifs à l’éducation à la Non-violence et àss la Paix spécifiques à chaque région. La réunion de mai dénommée, « réunion des experts », a eu lieu du 28 au 30 mai 2001 et a rassemblé vingt-six experts dans le domaine de l’éducation à la paix venus du Ghana, du Nigéria , du Togo, de la Côte d’Ivoire, de la Sierra Léone, de la Guinée et du Sénégal. Les experts ont produit un projet des programmes scolaires des niveaux primaire, secondaire et tertiaire. Ces programmes mettent en exergue les valeurs sociales ouest-africaines de réconciliation, de justice, de construction de la paix, de responsabilité civique, des droits de l’homme et de la vie sociale. Parallèlement à ces programmes scolaires, des guides pour enseignants et des ouvrages de référence ont également été conçus. Les experts se sont engagés à améliorer ces productions à partir de cette réunion. A cet effet, une commission de travail composée de six experts venus du Sénégal, du Nigéria, de la Sierra Léone et de la Côte d’Ivoire a été constituée dans le but de collecter le plus d’informations afIn d’améliorer les ouvrages de base, les guides des enseignants et les programmes scolaires.

· La commission de travail a tenu deux réunions, aux mois d’août et de septembre. Les deux réunions ont eu lieu à Accra au Ghana. Ces sessions intensives ont considérablement amélioré le projet de guide des enseignants des écoles primaires, du secondaire, premier et second cycle, qui avait été conçu lors de la réunion des experts. · De nombreux efforts ont été aussi consacrés à la confection d’ouvrages de base et de matériel de référence d’appui.

· Le plan qui prévoyait à l’origine quatre ateliers de Formations de Formateurs a été porté à sept ateliers de collecte d’information, étendant le processus de développement de matériel aux pays cibles. Ce nouveau processus a été accepté par les experts afin de s’assurer que les spécificités culturelles et contextuelles sont prises en compte dans les matériels.

· Quatre ateliers ont été organisés à Enugu au Nigeria, à Freetown en Sierra Léone, dans le Grand Bassam en Côte d’Ivoire et à Nangbeto au Togo. Dans chacun de ces pays, les ateliers ont rassemblé trente enseignants de niveaux primaire, du premier et second cycles du secondaire et du tertiaire.

· L’impact de ce programme dans la mesure où il concerne essentiellement le changement d’attitude, n’a pas encore été réalisé. Toutefois, jusqu’à ce jour, 120 enseignants des niveaux primaire, du premier et second cycles du secondaire et le niveau tertiaire du Nigéria, du Togo, de la Sierra Léone, de la Côte d’Ivoire ont eu l’occasion de réfléchir sur la paix et la nécessité de créer une culture de non-violence en Afrique de l’Ouest. Une expérience inestimable et de connaissances dans ce domaine ont également fait l’objet d’une découverte. Vingt experts chargés de l’enseignement de la paix active qui ne se connaissaient pas, collaborent étroitement depuis sept mois maintenant.

Leçons apprises
En dehors des défis que nous avons rencontrés pendant la réalisation de ce programme, plusieurs leçons s’en dégagent :

· Le temps nécessaire au développement des ressources effectives et efficaces d’un programme éducatif sur la paix et spécifique à une région, a été largement sous-évalué. Par exemple, le budget élaboré lors d’une seule réunion n’était pas réaliste. Il s’agit d’un processus qui exige plusieurs réunions ou alors peu de réunions mais étalées sur de longues périodes. Trouver des experts qui consacreront du temps et de l’énergie à ce processus est également difficile et onéreux.

· La différence entre les Anglophones et les Francophones en Afrique de l’Ouest a été avérée lors des activités d’élaboration de programmes scolaires et de développement des ressources. Tout au long du processus,  les différences sociales et culturelles entre les deux communautés linguistiques ont surgi. Il a fallu des heures pour aboutir à des compromis satisfaisant les deux parties. Dans certains cas, les débats ont porté sur un terme et sa signification dans les différentes langues et pays. Ces enjeux proviennent des différentes approches pédagogiques qui existent entre les Anglophones et les Francophones. On se demande s’il n’eut pas été important de mettre en place des processus différents pour les deux parties linguistiques. Comment cela pourrait-il bien augurer des efforts déployés sur le plan de l’intégration régionale, c’est une autre énigme .

· L’organisation d’ateliers locaux s’est révélé être une grande expérience. Ils ont à première vue montré la nature des diversités qui existent au sein de la sous-région. Nous devons par conséquent tenir compte du fait que tous les pays ne sont pas identiques et par conséquent les stratégies et les méthodes d’institutionnalisation de l’éducation à la paix ne doivent pas nécessairement être les mêmes pour tous les pays.

· L’année prochaine, le WANEP envisage d’achever trois ateliers majeurs en Guinée, au Libéria et au Ghana. Les outils du projet feront alors l’objet d’une étude pour faire ressortir les diverses expériences et les diversités culturelles dans la sous-région. Les ateliers FF seront une nouvelle fois organisés à l’intention des enseignants dans les sept pays dans le but de les former au test de ces outils. Pendant le déroulement de cette période d’essai dans douze écoles de chaque pays, une conférence régionale des ministres chargés de l’éducation ainsi que d’autres parties prenantes, sera organisée afin d’adopter des mesures susceptibles d’intégrer la non violence et la paix dans le système éducatif de l’Afrique de l’Ouest. Le WANEP envisage aussi faciliter et coordonner la mise en place d’associations de la paix dans 84 écoles des sept pays de l’Afrique de l’Ouest.

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